À Barcelone, la surprenante découverte cachée sous un tableau de Joan Miró

Equinox Barcelone Miró

À la fondation Joan Miró de Barcelone, les restaurateurs ont fait une bien curieuse découverte sous une toile de l’artiste catalan.

Photos : El Confidencial

Ce n’est pas un code secret menant à un trésor que les scientifiques de la fondation Joan Miró de Barcelone ont découvert sous le tableau Peinture de Joan Miró, mais presque. L’huile sur toile, réalisée entre 1925 et 1927 et entrée dans la collection de la fondation il y a un demi-siècle, a toujours intrigué les analystes. Depuis longtemps, ils soupçonnaient un double fond, mais ne pouvaient en percer le secret sans risquer de l’endommager.

Dans le documentaire « El secreto de Miró » réalisé par la fondation Joan Miró et la fondation Caixa, et déjà disponible sur Youtube, on apprend qu’ils ont réussi, à l’aide de techniques non-invasives, à voir le fond de la toile. Quelle ne fut pas leur surprise en découvrant derrière la couche de peinture bleue un portrait très classique d’une femme.

Equinox Barcelone Miró

D’abord interloqués par ce visage inconnu, les experts ont cherché si une autre toile ne portait pas une ressemblance avec ce sujet. Et ils n’ont pas tardé à faire le rapprochement avec une autre œuvre presque identique : le buste représente Dolors Ferrà Oromí, la mère de l’artiste.

Lire aussi : Joan Miró, le génie surréaliste qui a marqué la France

Miró semble leur avoir facilité la tâche, analyse Elisabet Serrat, responsable de la conservation préventive et de la restauration à la fondation Joan Miró. En effet, en observant l’œuvre sous une lumière rapprochée, ils ont distingué certains reliefs évoquant la broche et les boucles d’oreilles du portrait déjà existant de Dolors Ferrà Oromí, des détails que Miró « aurait pu facilement éliminer, mais qu’il a décidé de conserver comme une manifestation de la matière qui émerge du dessous », raconte Serrat.

Un geste de rébellion ?

Mais alors, pourquoi Miró a-t-il recouvert le portrait de sa mère ? Plusieurs interprétations sont possibles. On peut y voir un acte symbolique, fidèle au credo de l’artiste, signifiant son rejet de la peinture académique. Il recouvre alors une toile tout à fait classique par une huile abstraite.

Dans une interprétation plus raisonnée, on peut aussi penser à une économie de tableau : peut-être le Catalan n’avait-il plus de nouveaux canevas et a choisi d’en recouvrir un déjà utilisé. À chacun d’adopter l’interprétation qui lui parle le plus.

Recommandé pour vous