Bonne nouvelle pour les ménages espagnols : l’inflation a nettement ralenti en mars. Et notamment grâce au mauvais temps de ces dernières semaines.
Photos : Clémentine Laurent
Selon les données provisoires publiées par l’Institut national de statistique (INE), l’indice des prix à la consommation a chuté de sept dixièmes, atteignant 2,3 %. Une baisse notable après cinq mois consécutifs de hausse, dont un pic à 3 % en février.
Ce recul s’explique principalement par la baisse des prix de l’électricité. Les fortes pluies du mois de mars ont permis de remplir les barrages au-delà de 70 % de leur capacité sur l’ensemble de l’Espagne, favorisant la production hydraulique. Parallèlement, les centrales nucléaires ont tourné à plein régime (+50 %), l’énergie éolienne a progressé de 12 %, et la production solaire s’est renforcée. Cette combinaison de sources renouvelables a permis un net repli des prix sur le marché de gros de l’électricité.
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Autre facteur de modération : le calendrier. Contrairement à 2024, la Semaine Sainte tombe cette année en avril, repoussant la traditionnelle hausse des prix dans les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration.
Les carburants participent également à la tendance. Le prix du litre de diesel a baissé de 0,7 % cette semaine, tombant à 1,44 euro, son plus bas niveau depuis décembre. L’essence suit la même trajectoire : 1,51 euro le litre, soit environ six euros de moins qu’à la même période l’an dernier pour un plein moyen.
L’inflation sous-jacente – qui exclut l’énergie et les produits frais – recule également et s’établit à 2 %, son niveau le plus bas depuis plus de trois ans.
Une conjoncture internationale instable
Malgré tout, l’électricité reste chère comparée à mars 2024. Le mégawattheure avoisine actuellement les 67 euros, contre un peu plus de 20 euros l’an dernier à la même époque. Et les réserves de gaz en Europe n’atteignent que 35 % de leur capacité, bien en dessous du niveau observé l’an dernier, ce qui génère des incertitudes pour les mois à venir.
À ces facteurs énergétiques s’ajoutent les incertitudes liées au commerce mondial. La guerre commerciale entre les États-Unis et l’Europe, alimentée par la politique protectionniste de Donald Trump, pèse sur la confiance des marchés.
Dans ce contexte, la Banque centrale européenne reste prudente. Malgré un cinquième abaissement consécutif de ses taux directeurs en mars, la présidente Christine Lagarde a prévenu : « si les données nous indiquent que la bonne stratégie est de poursuivre les baisses, nous le ferons. Sinon, nous marquerons une pause ».