Dans l’une des rues les plus élégantes de Barcelone, une demeure restait vide depuis des années. Le numéro 2 du passage Permanyer, véritable palais urbain au coeur de l’Eixample, vient enfin de trouver preneur, après un long feuilleton immobilier marqué par les légendes et les abandons.
Photo : Jordi Domènech
Depuis 2019, personne ne voulait de cette maison de 480 m², une anomalie sur un marché barcelonais où les biens se vendent généralement en moins de deux mois. Autrefois, cette adresse abritait le mythique cabaret El Trébol, haut lieu des nuits barcelonaises d’après-guerre. Des artistes de renom comme Antonio Machín ou Bonet de San Pedro s’y produisaient avant la fermeture du club en 1947. La légende veut qu’une femme y ait été assassinée, et que son fantôme hante encore les lieux. De quoi refroidir certains acheteurs.
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Le dernier propriétaire avait tenté de rénover la bâtisse pour en faire des bureaux. Mais face à l’ampleur des travaux – estimés à plus d’un million d’euros – le projet a été abandonné. Mal entretenue pendant des décennies, la maison, bien que située dans une rue classée comme bien culturel d’intérêt local, est dans un état de délabrement avancé.
C’est finalement l’agence d’immobilier de luxe Valords qui a réussi à conclure la vente, aux alentours de 2 millions d’euros. Une performance, tant la propriété est passée de main en main depuis la pandémie. L’acheteur, dont l’identité reste confidentielle, a déjà versé un acompte, indiquent nos confrères de Crónica Global.. Il devra désormais s’atteler à la rénovation complète des trois étages et à la remise en état du jardin de 71 m².
Photo : Barcelona Bus Turistic
Avec ce rachat, une nouvelle page s’ouvre pour cette maison hors du commun, mais aussi pour l’un des passages les plus anciens de Barcelone. Imaginé en 1864 par le maire Jeroni Granell i Barrera dans un style inspiré des rues londoniennes, le passage Permanyer abrite de nombreuses demeures historiques. Comme le numéro 14, où le poète Apel·les Mestres vécut reclus pendant 14 ans, prisonnier de son agoraphobie.
Le numéro 2, lui, attend désormais sa renaissance. Fantômes ou pas.